Île-Grande fait partie de la commune de Pleumeur-Bodou, bien qu’elle soit à l’extérieur de cette dernière. Elle devient une presqu'île en 1891, date de construction d'un pont à l’initiative d’ Alexandre Gode l, reconstruit en 1946 puis en 1974. En ce temps, L’île ne comptait qu’à peine une quarantaine de maisons et 150 à 200 habitants. Depuis le milieu du XIXe siècle, l'économie locale se développe grâce à l'exploitation intensive du granit gris en de nombreux points de l'île. C’est par la mer que se fait le transport du granit. La population est ouvrière, les pêcheurs et les agriculteurs sont rares. Éloignée du bourg de Pleumeur-Bodou , l'île se développe en autarcie, possède quelques magasins de commerce et regroupe la majeure partie de la population communale. Au cours du XIXe siècle, et jusqu'au milieu du XXe, cette situation suscite des désirs de scission de la part de la population. Il en reste toujours quelques traces aujourd’hui. Mais les demandes n'aboutirent jamais malgré plusieurs accords du conseil municipal, seule l'autonomie religieuse est acquise le 12 décembre 1923 lorsque l'île est érigée en paroisse. La religion devait avoir plus d’importance que la république. Le 6 juin 1909 est posée la première pierre de l'église Saint-Marc, bénie le 26 juin 1910. Construite par les architectes Émile Genest et Claude-Joseph Lageat, elle remplace l'ancienne chapelle détruite. Les petites habitations des ouvriers locaux tournent le dos aux vents dominants, au sud de l'île. Durant la première moitié du XXe siècle, le noyau des constructions s'étend le long de la route de Toul-ar-Stang vers le port à l'ouest. Mais c'est surtout après 1945 que se développent des nombreux lotissements vers le nord et l'est. Durant la seconde guerre mondiale, le réseau de renseignements de la Résistance Alibi à mis en place des liaisons maritime par vedettes rapides avec la grande Bretagne. Une stèle à port Gelen rappelle l'action de ce réseau sur l'Ile Grande. L'un des navigateurs de ces vedettes était le père de Jane Birkin. Dans les années 50 & 60, les emplois dans la Marine nationale et la Marine de commerce occupent une bonne part dans l’économie de l'île. C’est le 1er décembre 1968 que nous pouvons lire dans le Journal officiel que les habitants de l'île peuvent être appelés « Île-Grandais ». Depuis les années 1960, avec la construction du Radôme, l’arrivée du CNET sur Lannion et le tourisme estival, Île-Grande profite de ces emplois et conserve ses enfants dans la région. En 2006, Île-Grande perd sa dernière alimentation malgré ses 800 habitants. L'île fait partie des lieux de promenade appréciés pour le caractère sauvage du paysage. Une douzaine de plages, 300 hectares de bois et des sites naturels s'étendant sur un horizon de vert, de rose et de bleu et une butte qu'il y a bien longtemps la mer a voulu engloutir, Ile Grande, telles sont les particularités d'un village dont le bourg administratif se cache bien loin d'ici, à plus d'une lieue dans les terres. Ici, le chemin de randonnée (GR34) a creusé un sillon longeant la totalité des rives d'une île devenue presqu'île, sur 7 kilomètres traversant landes, marais, dunes, rochers et plages baignés par un soleil de plomb en été et balayés par les vents et les embruns lorsque l'automne s'installe. Toul-ar-Staon en est la pointe la plus avancée sur la mer. D'ici, le regard permet de balayer un horizon allant d'est en ouest, des 7 îles devant les côtes de Trégastel à l'île Milliau et bien au delà, jusqu'à la baie de Lannion. Les jours de tempête, Kastel Erek qui en est le prolongement, ancienne carrière de granit devenue site naturel protégé, y révèle toute la sauvagerie d'une nature se déchaînant dès que le vent se lève, offrant alors un spectacle d'une rare intensité. Il y a bien longtemps déjà, ces terres accueillaient des hommes qui s'y établirent, formant quelques communautés dont les traces sont nombreuses : de la baie de Perros jusqu'à celle de Lannion, l'intérieur du pays est parsemé de mégalithes dont les plus anciens furent érigés il y a plus de 5 millénaires ! Celui d'Ile Grande, une allée couverte de deux tables, a la particularité d'aligner une seconde rangée de pierres couchées ... Ty ar C'hornandened, la "maison des korrigans", tel est le nom donné par les hommes à ce monument entouré de légendes aujourd'hui le plus souvent oubliées. Les traces d'un atelier de bouilleur de sel à Landrellec (dont les techniques sont aujourd'hui enseignées au Village Gaulois reconstitué à proximité du bourg) et les microlithes découverts dans le pays témoignent d'une occupation sédentaire d'importance. Celle-ci sera suivie, bien plus tard, par une influence gallo-romaine dont les seuls souvenirs matériels seront ceux d'une ancienne voie de communication. Ce fut ensuite l'arrivée de celtes ayant traversé la manche pour s'établir dans le pays, fuyant le plus souvent les exactions anglo-saxonnes qu'ils subissaient dans leurs provinces. Leur nom, phonétiquement toujours présents dans ceux des villages qu'ils auront contribué à édifier, sera la seule véritable empreinte subsistant de leur passage ... allée couverte d'Ile-Grande, Pleumeur-Bodou Le Moyen-Age verra à son tour l'établissement de communautés autour de quelques seigneuries protectrices laissant derrière elles les vestiges d'enceintes fortifiées et de mottes féodales. Kerduel, le château édifié du 15ème au 16ème siècle (subissant de profondes modifications jusqu'au 18ème après une destruction presque totale) aux confins de la commune avec Lannion abritera les derniers seigneurs du pays. La révolution fera de Pleumeur-Bodou une commune indépendante le 22 février 1790. Jusque là, la population du pays aura édifié une série de monuments, principalement destinés à ses croyances mais également quelques habitations d'importance tels quelques manoirs et une douzaine de fermes. Elles seront les demeures des "gens de biens" qui complèteront un paysage dominé par le château de Kerduel. Sans doute irez-vous à leur découverte si vous avez la curiosité d'arpenter les multiples chemins de Pleumeur-Bodou. chapelle Saint-Marc d'Ile-Grande, Pleumeur-Bodou Ile-Grande acquérra plus tard une forme d'indépendance, s'érigeant en paroisse à part entière à partir de 1923, attirant les fidèles dans une église dédiée à Saint-Marc construite en 1909 sur les ruines d'une ancienne chapelle qui la précédait déjà dès le 16ème siècle. Cela ne durera que quelques années au bout desquelles la petite communauté religieuse de l'île (devenue presqu'île par la construction d'une route praticable de tout temps) dépendra de l'église Saint-Pierre située à une lieue d'ici, sur les hauteurs du bourg. Depuis que l'homme imprégna son empreinte sur l'île par l'édification de monuments et d'installations nécessaires à une vie communautaire, elle n'aura toutefois pas perdu le charme qui la caractérise : calme, nature et beauté. C'est pourquoi, sans doute, y fut érigé un centre d'observation des oiseaux (LPO), à l'ouest du rocher. Les carrières de granit y ont cessé leur activité et seul les deux petits ports, Pors Gérin et Port Saint-Sauveur, dénotent encore d'une certaine animation. Le premier est devenu depuis l'avènement du tourisme un havre destiné principalement aux plaisanciers. Le second maintient une certaine tradition artisanale en faisant vivre quelques pêcheurs tirant leurs filets et plaçant leurs casiers sur des côtes déchiquetées balayées par les vents. port Gérin d'Ile-Grande, Pleumeur-Bodou Petites criques enfermant de minuscules plages et éboulis rocheux surgissant de taillis de végétation basse protègent les estivants dès la belle saison, loin des bruits des stations voisines où se déversent les touristes bruyants prenant possession de rivages plus vastes. Ses voisines, îles minuscules et parfois simples rochers, abritent une faune ailée et marine que vous pourrez aisément observer si vous en respectez la tranquillité. Elles ont pour nom Canton, Daval, Losquel, Enez Bihan, Erc'h ou Morvil mais encore le Corbeau et le Renard, comme un clin d'oeil à la fable d'où elles ne tirent pourtant par leur nom. Daval (ou d'Aval, selon certains auteurs) serait, selon la légende, le lieu de repos du roi Arthur qui y dort d'un profond sommeil depuis des siècles, à l'abri d'un mégalithe ... rivages d'Ile-Grande Jaouen aura été la première île que vous aurez observée en longeant les landes de Bringwiller, Ile-Grande sera la dernière lorsque vous la quitterez, passant devant Prajou Menhir avant d'entrer en Trebeurden. Ici, le paysage paraissant désertique s'imposera à nouveau si la mer est basse et si vous poursuivez votre randonnée en vous dirigeant vers l'ouest scrutant déjà le large, vers l'île Molène ...
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